« Magnard (Albéric), compositeur français (Paris 1865, Baron, Oise, 1914). On lui doit de nombreuses oeuvres symphoniques ainsi que des œuvres dramatiques. Son langage musical est âpre et grave, souvent émouvant. A. Magnard fut tué par les Allemands dans sa maison de campagne. » (Grand Larousse encyclopédique)
« Magnard recula de quelques pas, sans lâcher son revolver, et s’assit sur le tabouret du piano. Il resta là, immobile, dans une odeur de poudre, à regarder la fumée que striaient les rais du soleil filtrés par les interstices des persiennes. Sa tête était vide, mais il sentait qu’il avait fait la seule chose qui convînt. Une petite idée qui l’amusa lui traversa la tête : « Ma musique sera oubliée depuis belle lurette qu’on se souviendra encore de mon geste. » »
Historien militaire, romancier, essayiste, biographe traduit dans six langues, auteur de plusieurs dizaines d’articles parus dans la presse spécialisée, Jean-Jacques Langendorf est maître de recherches à l’ISC-CFHM. Dans son œuvre, JJ Langendorf rend hommage à un type d’homme, érudit et aventureux, disparu en 1945 avec l’alignement des armées européennes sur le modèle américain. Réels ou fictifs, les héros de ses histoires dépeignent des mondes en sursis, l’ennemi campant aux portes du royaume.
Extrait de presse – Jean-Jacques Langendorf, La mort d’Albéric Magnard :
« Jean-Jacques Langendorf nous conte un acte héroïque de civil bien réel mais digne de la propagande de l’époque qui n’hésitait pas à en inventer ou en modifier sérieusement le contenu (comme pour l’âge des jeunes engagés dans l’armée). (…)
« Albéric Magnard avait une résidence secondaire à Baron dans l’Oise, c’est-à-dire à côté de Senlis et ce qui suit nous rappelle que la ville de Senlis (fort proche de Paris) fut occupée par les Allemands le 2 septembre (la victoire française lors de la Première bataille de la Marne la dégagea). C’est justement le 3 septembre 1914 que se produisit le drame qui vit la mort du compositeur français, né à Paris en 1865. (…) La demeure fut incendiée sur l’ordre du lieutenant-colonel Albert von Ballin du 3e régiment hanovrien. Ce dernier savait très bien quel compositeur de musique était Albéric Magnard qui s’était déjà rendu en Allemagne pour des concerts. La première partie de cet ouvrage raconte d’ailleurs le voyage de ce dernier outre-Rhin de 1906. » https://www.gregoiredetours.fr




