Fils du chancelier qui dirigea les destinées de l’Allemagne de 1894 à 1900, le prince Alexandre de Hohenlohe-Schillingsfürst (1862-1924) fut un témoin privilégié et avisé du destin du Reichsland Elsass-Lothringen, cette terre d’Empire fruit de la conquête de 1870.
Son indépendance de vue et son aplomb se retrouvent dans les pages qu’il consacre à l’Alsace-Lorraine dans ses propres Souvenirs. Des souvenirs où l’ancien député et fonctionnaire impérial ne fait mystère ni de sa francophilie (ami de la France « tant que faire se peut »), ni de son aversion pour le conservatisme prussien. On ne lira qu’avec plus d’intérêt ces pages grosses de nostalgie, desquelles émerge le regret d’une soudure « germano-alsacienne-lorraine » en bonne voie, sinon achevée, au seuil de la Première Guerre mondiale. Tant d’efforts de part et d’autre, réduits à néant par la folie guerrière d’une poignée, nous dit-il.
À aucun moment, il ne masque les erreurs de l’administration impériale. Il n’en conteste pas moins l’image réductrice du fonctionnaire allemand colonialiste. Son témoignage avait-il une chance d’être entendu ? Dès avant 1914, le prince Alexandre s’était prononcé en faveur de la constitution du Reichsland Elsass-Lothringen en État neutre autonome assortie d’un référendum d’autodétermination. La France victorieuse de 1918 priva les Alsaciens-Lorrains du droit de disposer d’eux-mêmes.
Extrait de presse – Prince Alexandre de Hohenlohe, Souvenirs d’Alsace-Lorraine 1870-1923 :
« Un joli panorama de ce que fut l’Alsace entre 1871 et 1918 par un des personnages les mieux placés pour la décrire. Il est le fils d’un gouverneur de la province d’Alsace-Lorraine et il est député de la région septentrionale de l’Alsace vers 1900. Francophile, il est favorable à une marche vers l’autonomie et la création d’un État tampon pour ce territoire. Les notes de Laurent Schang sont très précieuses car elles resituent les personnages cités. Des informations de première main nous sont livrées sur le clergé catholique francophile (dont l’abbé Wetterlé, ami du caricaturiste Hansi), les capitaines d’industrie (la famille Koechlin en particulier), les milieux socialistes, la population des campagnes … À lire pour voir combien la région restait attachée à la culture française parmi ses élites indigènes et comment la masse de la population ne se posait pas ce genre de question. » https://www.babelio.com/




